Vous le savez sûrement, Apple a été forcé d’ouvrir – un peu – son écosystème à la concurrence en introduisant les boutiques d’applications alternatives, suite au DMA adopté par l’Union Européenne. Depuis la version 17.4 d’iOS, il est ainsi possible pour tous les résidents de l’UE d’installer des applications depuis d’autres boutiques que l’App Store d’Apple. Et un premier acteur s’est lancé dans l’aventure : l’AltStore PAL. Open-source et visant principalement les développeurs indépendants, son lancement officiel a eu lieu le 17 avril dernier.
Une installation payante et houleuse
Il a jusqu’à présent été clair qu’Apple est réticente à toute concurrence sur le marché des boutiques d’applications. On en a désormais la démonstration.
En effet, tout a été pensé pour rendre la procédure d’installation d’une boutique alternative complexe. Et ce, pour les usagers comme pour les éditeurs !
La politique de la marque à la pomme implique en effet des frais élevés (0.5 €/installation) pour l’éditeur de la boutique lorsque ce dernier dépasse le million de téléchargements. On en vient donc au point suivant : l’installation de l’AltStore PAL est… payante !
Il faudra ainsi s’acquitter annuellement de 1.8 € pour avoir accès à la boutique alternative. Une somme dérisoire, qui vise à couvrir les frais et à limiter le nombre d’installations en les réservant aux utilisateurs qui en auront un usage réel. Compréhensible, donc.
Mais Apple ne s’est pas contentée de faire payer les éditeurs. La firme a également déployé un cheminement inutilement complexe et déroutant pour qui souhaite installer une nouvelle boutique sur son OS. Ainsi, une fois le paiement effectué, un bouton ‘Download’ s’affiche. Mais cliquez dessus, et… message d’erreur, indiquant que les réglages n’autorisent pas que des places de marché soient installées. Rendez-vous alors dans les réglages. Dans la partie supérieure, entre votre nom et le mode avion, devrait apparaître une fenêtre demandant l’autorisation pour l’installation de la place de marché. Vous aurez alors droit à quelques écrans cherchant principalement à vous effrayer, avant d’avoir enfin la possibilité d’installer la boutique.
Une fois cette autorisation donnée, l’AltStore est prêt à l’emploi.
Un store classique, avec quelques singularités
À première vue l’AltStore a tout d’un magasin d’apps classique: son champ de recherche, ses catégories…à un détail près.
En effet, vous pouvez ajouter d’autres sources d’applications. Ainsi, à l’avenir, n’importe quel éditeur indépendant pourra proposer son application sur le magasin, moyennant l’ajout de sa source par l’utilisateur qui souhaite l’installer. Il s’agit donc d’un système décentralisé, où chaque éditeur d’application héberge lui même ses applications. Très loin donc de la philosophie d’Apple consistant à garder scrupuleusement la main sur tout ce qui se trouve sur son store.
À l’heure où est rédigé cet article – c’est-à-dire moins d’une semaine après le lancement – seules deux applications sont disponibles via la source officielle de l’AltStore. Delta – un émulateur Nintendo – et Clip, un gestionnaire de presse-papier. Dans son communiqué, Riley Testut, le développeur de l’émulateur Delta et faisant partie de l’équipe derrière l’AltStore, indique que « le store s’ouvrira aux sources externes dès que nous serons sûrs que tout tourne au mieux ».
AltStore vs App Store: Deux publics très différents
Vous l’aurez compris, l’Alt Store n’est pas là pour concurrencer frontalement le tout puissant App Store d’Apple. En permettant à de petits développeurs indépendants de proposer leurs applications au plus grand nombre sans politique restrictive, et en se gardant de prendre des commissions sur les transactions effectuées, il ne fait aucun doute que le magasin d’apps saura se faire une place dans l’univers Apple, notamment auprès des geeks et férus de jeux indés.
C’est d’ailleurs ce que détaille longuement Riley Testut dans son communiqué. Il y prend exemple sur ses propres déboires de jeune développeur, lorsque son app, fruit de plusieurs mois de travail acharné, s’est simplement fait refuser de l’App Store pour des soucis de politiques.
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